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Les Vivipares et Ovovivipares

Certaines questions sur les vivipares reviennent régulièrement...
Voici donc une mini FAQ sur les vivipares qui aidera peut-être certains à s'y retrouver et qui donnera, je l'espère, à d'autres l'envie d'en apprendre plus sur cette fascinante famille.


 
Les vivipares:


Les vivipares sont apparus très tard, après les ovipares, à l'Oligocène (44-38.5 millions d'années) et au Miocène (28.5 millions d'années). Cette évolution, si l'on en croit la théorie de Darwin, est un moyen de protéger les jeunes des prédateurs en les rendant mobiles dès la naissance, ce qui explique que seulement 6 à 150 alevins par portée permettent à l'espèce de proliférer. Les premiers vivipares ont été découverts par les ichtyologistes au milieu du XIXème siècle, et ont été importés dès le début du XXème siècle.

Les poécilidés ont des caractéristiques similaires à la famille des cyprinodontidae. Cette famille est originaire d'Amérique, d'une zone allant du sud des États-unis, au sud du bassin amazonien. Le plus populaire de ces poissons est le guppy (poecilia reticulata), pour qui des concours sont même organisés. Le premier spécimen a été découvert en 1859. La forme sauvage était peu colorée, puisque les espèces disponibles dans le commerce sont pour la totalité issues d'élevage et de sélection, souvent d'origines asiatiques. Les espèces les plus répandues dans le commerce sont le guppy, le platy, le porte-épée et le molly. Ces poissons étant souvent des hybrides de 2 espèces, il serait inexact d'utiliser leur appellation scientifique. Il faut avoir de 2 à 3 femelles par mâle, car ceux-ci passent leur temps à les pourchasser.

Il est souvent recommandé de les maintenir dans une eau relativement dure et alcaline, mais à l'état sauvage ils vivent dans des eaux très diverses sur le plan physico-chimique. Les poissons vivant dans des eaux dures vivent dans des zones qui ne sont pas traversées par la forêt humide, contrairement à beaucoup de poissons américains. Ce ne sont en fait que les spécimens d'élevage qui sont habitués à des eaux régionales dures et qui ont du mal à se réadapter à des eaux douces. La plupart des vivipares se plaisent dans des eaux entre 23 et 26 degrés, avec une dureté située entre 5 et 20 dGh. Ces poisons peuvent faire à l'âge adulte de 2 à 20 cm suivant les espèces. Une eau légèrement saumâtre (présence de sel) n'est recommandée que pour soigner les maladies et n'est en aucun cas nécessaire dans la maintenance de vivipares, quels qu'il soient (et ce contrairement à beaucoup d'idées reçues...) 

À noter que l'OMS se sert de guppies et de gambusies dans les pays tropicaux pour se débarrasser des larves de moustiques (vecteurs du paludisme) dont ils sont friands. Ils sont parfois même introduits dans des réservoirs d'eau potable. Cela explique que l'on trouve de nos jours des poecilides dans de nombreuses régions de la planète.

La plupart des vivipares sont des omnivores à tendance végétarienne, pour cette raison ils doivent être nourris peu et souvent (ils ont un petit estomac et sont vite gavés). Les carnivores seront nourris de proies vivantes, comme de petits crustacés.

Les vivipares sont trop souvent considérés comme des "poissons rouges d'eau chaude" (de plus, chez les platys on observe que le spécimen le plus demandé est le platy rouge ou platy corail), peu originaux et offrant peu d'intérêt. Mais ce ne sont malheureusement pas ou plus des poissons pour débutants. L'élevage asiatique intensif de ces dernières années fait que la plupart des espèces provenant du commerce (surtout les guppies) sont malheureusement devenues très peu résistantes et souffrent bien souvent de maladies contagieuses pour les autres poissons. Pour profiter pleinement de ces poissons il est donc recommandé de se les procurer dans des clubs, chez des particuliers ou auprès d'une association spécialisée (comme l'AFP). Vous aurez alors des poissons de bonne qualité, qu'ils soient sauvages ou hybrides, et leur résistance, leur excellente sociabilité et leur facilité de reproduction vous enchanteront.

Pour choisir tout de même vos vivipares dans le commerce, mais limiter le risque de ramener chez vous des poissons malades, vous pouvez utiliser cette fiche , créée en collaboration avec l'Association France Vivipare.


Le biotope :

Pour recréer un biotope ressemblant au milieu centraméricain, tout en respectant les conditions particulières de la maintenance en aquarium, vous pouvez utiliser un bac bien planté (si possible de plantes originaires du milieu, comme la plupart des cabombas et echinodorus). Beaucoup de plantes de surface sont d'ailleurs conseillées pour les besoins de ces poissons. Vous aurez une idée du nombre de plantes total nécessaire en faisant : surface de l'aquarium en cm (l x L) divisée par 50. Le décor sera composé de plantes exclusivement ou également de roches et de racines. Le sol peut être constitué de gravier de différentes granulométries (par exemple sable de rivière ou gravier). En été, il est possible de les maintenir dans un bassin de jardin ensoleillé, ils atteindront alors une grande taille.
Pour la maintenance d'espèces fragiles, un bac nu peut être préféré, car plus facile à nettoyer

En cas de problème de santé, le mieux est de faire un bon changement d'eau, et éventuellement d'ajouter du sel d'aquarium dans l'eau (5g/L). Attention, car les plantes et les corydoras supportent mal le sel.


Et la reproduction dans tout ça ?


La reproduction est très facile, mais garder une belle souche est beaucoup plus laborieux. Le male se distingue de la femelle par un gonopode (ou un andropode qui apparaît très tôt chez les goodéidés) à la place de la nageoire anale. Cet organe permet l'accouplement. Quant à la femelle, elle est souvent plus grosse que son partenaire et moins colorée. Attention, car parfois, chez les xiphos notamment, il arrive que les "femelles" soient en fait des mâles en retard et donc qu'elles ne révèlent leur caractère masculin qu'après environ un an.

L'accouplement est très bref, et peut donner lieu à plusieurs naissances à environ un mois d'intervalle, grâce à la particularité de la femelle ovovivipare de stocker le sperme (contrairement aux goodeidae). Une tache sombre apparaît derrière le ventre de la femelle, qui devient noire le plus souvent (voire rougeâtre chez certaines espèces) au fil de la gestation. On peut apercevoir les yeux des futurs alevins quelques jours avant la mise bas. En moyenne, 30 alevins naissent à chaque fois, suivant les portées (jusqu'à 100 entre les 3èmes et 6èmes portées). Les alevins naissent la queue la première et se dirigent vers la source de lumière, il est donc recommandé de posséder des plantes flottantes. On peut les protéger de l'appétit de leurs aînés en isolant les alevins dans un petit bac et en les nourrissant d'artémias. Après un mois, les yeux, le coeur, la vésicule et l'arrête principale sont parfaitement formés. Après 2 mois, ils ne risquent théoriquement plus de se faire dévorer. La maturité intervient vers 3 mois, mais il est conseillé d'attendre 6 mois pour les faire s'accoupler. Ils grandiront plus vite à une température d'au moins 26°C et s'ils sont nourris grâce à une nourriture variée, vivante entre autres, plusieurs fois en petite quantité (nauplies d'artémias, flocons écrasés, etc.) Pour une croissance maximale, il est recommandé de faire des changements d'eau fréquents. Il est inexact de dire que les vivipares sont des poissons prolifiques, puisqu'ils ne peuvent mettre bas que d'une trentaine d'alevins par mois (alors que les cichlidés peuvent pondre plusieurs centaines d'oeufs à toutes les semaines par exemple), en revanche les alevins sont beaucoup plus débrouillards et parviennent mieux à survivre sans "aide" extérieure.



Le terme de vivipares

Le terme de vivipares est on ne peut plus générique, et il est souvent difficile de s'y retrouver. Le point sur les principales familles connues:

La famille des poéciliidés
La plus connue et la plus répandue, elle contient les genres :

Alfaro (du Guatemala au panama)
Belonesox (sud du Mexique et du Honduras)
Brachyrhaphis (sud-ouest du Mexique, Costa Rica, Panama)
Gambusia (Versant atlantique de l'Amérique Centrale et Caraïbes)
Girardinus (Cuba et Costa Rica)
Heterandria (Caroline et Floride)
Phallichthys (du Guatemala au Panama)
Phalloceros (Centre du Brésil, Paraguay, Argentine, Uruguay)
Poecilia (du sud des USA à la Guyane française)
Priapella (eaux vives du Mexique)
Quintana (Cuba)
Xiphophorus (Mexique, Honduras)

La famille des goodeidae
Deuxième famille la plus répandue, elle regroupe une quarantaine d'espèces dans une dizaine de genres : Ameca, Characodon, Goodea, Ilyodon, Skiffia, Xenotoca, Zoogoneticus. Présents dans les hautes terres du Mexique, ils se caractérisent par le fait que l'organe du mâle est transformé en andropode. Mesurant entre 4 et 10 cm en moyenne, ils sont ce que l'on appelle les vivipares vrais et sont malheureusement bien souvent en voie de disparition.

La famille des Jenynsiides
Originaire du sud du Brésil et de l'Uruguay, elle contient l'espèce Jenynsia lineata. Les femelles peuvent mesurer jusqu'à 13 cm tandis que les mâles n'en atteignent que 4. Ils ont la particularité d'avoir l'organe sexuel orientable.

La famille des Anablepidae
Elle contient le genre Anableps, originaire du Mexique. Poissons saumâtres d'une trentaine de cm, on les appelle "quatre yeux" puisque chaque oeil est divisé en deux, la partie supérieure permettant de voir hors de l'eau tandis que la partie inférieure permet de voir sous l'eau.

La famille des Hemirhamphides
Les "demi-becs" sont originaires d'Asie tropicale et contiennent les genres Dermogenys, Hemirhamphodon et Nomorhamphus. Ce sont des poissons de surface pouvant dépasser les 10 cm.


J'ai entendu parler de protection des vivipares, qu'est ce que c'est?

Parmi les différentes familles "vivipares", l'une d'elle, celle des goodeidae, est particulièrement menacée. En effet, ces poissons sont endémiques d'un des pays les plus pollués du monde : le Mexique. Leur milieu naturel tend à se réduire de plus en plus et comme ces poissons sont très sensibles à la pollution, les populations existantes diminuent également de façon dramatique.

Quelques aquariophiles, sous l'égide du "Fish Ark" et de l'AFV en France, ont donc choisi de consacrer un ou plusieurs bacs à des espèces menacées de goodeidae dans le but de les maintenir à long terme et d'éviter ainsi leur totale extinction. À terme, le but est de réintroduire ces espèces dans leur milieu naturel, quand celui-ci sera de nouveau rendu habitable.

Si vous êtes motivés par la maintenance des goodeidés, rendez-vous sur le site de l'AFV pour plus d'informations et pour avoir la possibilité de prendre contact avec des éleveurs.


N'hésitez pas à apporter des précisions, à corriger des erreurs au besoin ou à poser des questions sur le forum.
Et bonne chance dans la maintenance des vivipares !

Quelques sites vivipariophiles :
Association France Vivipare
Bienvenue chez les vivipares
L'Atelier Scientifique
Guppy France
Denis Web

Article écrit par Tom.

 





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